Les traces

Eve & Eva

Le mercredi 28 juillet — Sur les bords du tarn à Candas

La chaleur de l’après midi nécessite que nous nous approchions de la rivière. Au fil de la baignade, des évènements affleurent. Sarah nomme l’absence de langage imposé par la puissance de l’eau. Les images mentales s’évanouissent dans le courant du Tarn.
Elle se laisse partir, flottaison sans résistance. La première rencontre sera collision : je me place sur son trajet, pensant faire barrage pour son corps, mais elle glisse sous moi sans avoir pu se préparer à la submersion. Nous saurons ensuite, nous prendre en charge réciproquement dans ce courant rapide : flottaison, dévalement, prise, remontée du courant en maintenant la flottaison de l’autre femme.

L’eau nous a refroidies, nous poursuivons vers une clairière dont le fond ouvragé constitue une paroi de murets en terrasse.
Je m’en vais dans le chemin dans une physicalité animale. Je gratte la poussière. Puis pousser le mur, tenter une séduction odieuse pour qu’il cède. Sarah traverse l’espace, lentement comme autant de cris, appels des migrants que le temps aplanis. La traversée se charge de grecs, romains, espagnols, magrébins voulant entrer, enfin.


— Les artistes :

Corinne Duval