Les traces

En attente du miracle

Le vendredi 30 juillet — Lévéjac

Lecture de texte
J’aime les jeunes filles écartées aux cuisses molles et fruitées.
Je voulais écrire d’une écriture si petite que les mots se déchainent comme des statuaires en feu.
A regarder
Ah non je ne vois plus…
J’aime les bêtes
Je n’aime pas assez
J’aime les hommes aux doux cheveux me brûlant de caresses, ils s’absentent ?
J’ai vu un camion dans le ciel.
J’ai vu au visage les reflets du corps s’acheminer cers le flot.
Je suis sortie de l’eau et dû combattre les pierres.
J’aime aller aux toilettes.
Je ne rêverais plus de la vie sauvage dérisoire aventure, je voudrais être en Dieu ;
Si je te fais la courte échelle, tu toucheras les nuages.
J’aime les garçons blonds, peaux rousses en été, accrochés au fond de leurs voitures.
J’aimerais éviter les collages.
Je suis sang. Je me débats dans ce sang.
Au flot l’aligot, l’aligot sous vide, aligotée, lyophilisée, séchée de solitude.
2 secondes de tente autour de mon corps.
Corps de bois
Corps de tige
Le colchique est toxique.
Si les boursouflures de
Si le cœur est ouvert, traversée au sang les caresses écrasées.
Colchique dans les prés, fleurissent, fleurissent
Corps cultivé cultivé
Je pourrais flétrir dans la terre, une boule sucrée dans la gorge.
Le flot et je croyais jouir de mon contenant, de ma contenance.
Le stylo bave lorsque je tourne les pages. Ni lui, ni moi ne voulons que ça bave mais malgré tout ça bave comme des hardes d’escargots à jeun.
Je remonte le courant du Tarn et je tire derrière moi un corps inconnu qui s’abandonne doucement.
Je prends garde mais je tire.
Je prends garde de ne pas trop soulever la jambe au- dessus de l’eau pour que la tête de Sarah ne soit pas immergée. Cela mettrait sa respiration en danger, l’eau entrerait dans ses poumons noyés.
J’aime ses cheveux secs par l’inconfort de la vie dehors. Ils forment des paquets lisses et se plaquent par l’eau. Ses seins
J’aime la femme de dos près du vide. De dos, elle ressemble à la face que je lui donnerais.
La voix de ma mère me donne des informations sur mes enfants. Elle semble toujours un peu triste la voix de ma mère, toujours un peu triste.
Dans une grande courbe de colline brûlée, un dos, un bras. Il n’y a que là que le regard va se poser.
Marcher dans ta gorge serait-ce si vertigineux ?
J’ai rêvé de l’amour physique et même dans mon rêve, j’ai du m’en échapper.
Le voyage n’est il pas une vaine attente du miracle ? Il diversifie les validations des espaces mentaux que l’intérieure contemplation met à disposition.
Malgré la vanité, j’ai eu l’impression d’être normale.
J’ai souri à la petite fille blonde pour soutenir son regard bleu, soutenir qui elle sera, soutenir la violence de ce qu’elle comprenait de notre liberté. Elle s’est rapprochée de son père qui lui tenait la main.
J’aime tellement maman. Je raffole de me blottir conter elle.
Corps de bois, de refuge.
La danse est chargée, charriée de rebus, contenant permanents. Le bain des images où l’esprit se dilate, se repaissent de fantaisies amusantes.
Je dois transpirer pour m’y maintenir quelques temps où que je sois. Le gorille n’a t – il pas ce flux de l’esprit ? Il pose son corps dans quelques feuilles et bascule sans chuter sur la masse de son dos.
Le gorille bascule, massif puissant. Je ne ferais jamais 300 kg.
Je travaille.
Si je n’ai jamais peur de là où je dois dévisager mes images, j’en suis parfois atterrée. Je ne peux plus que laisser mon corps sans mouvement pour apercevoir le point que je constitue.

Corinne Duval


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